La Province de Mae Hong Son

Si les origines exactes de la province de Mae Hong Son restent inconnues à ce jour, les fouilles archéologiques des grottes du nord de la ville éponyme laissent à penser que la région a accueilli une activité humaine soutenue depuis des milliers d’années. Parmi les provinces limitrophes de Chiang Mai, celle de Mae Hong Son, comme nous la connaissons aujourd’hui, remonte au 18e siècle, lorsque le Seigneur Kaeo fut missionné par le Roi de Chiang Mai pour capturer des éléphants.

 

 

Kaeo rassemblera les campements éparpillés des Shan pour établir deux villages, dont Mae Hong Son. D’ailleurs, le sceau de la ville, « Rup chang nai thong nam », signifie littéralement « l’image de l’éléphant dans un plan d’eau », est une référence à l’origine de la province…

Ville de Mae Hong Son
Ville de Mae Hong Son

Mae Hong Son: Le point de départ des chasses à l’éléphant

Depuis sa création, jusqu’au milieu du 19e siècle, Mae Hong Son servira principalement de point de départ de la chasse aux éléphants pour le compte du Roi de Chiang Mai.

Entretemps, un homme connu sous le nom de Chan Ka Lay émigrera à Mae Hong Son en provenance de l’Etat de Shan en Birmanie, dont il deviendra très vite un éminent chef tribal. Son ascension a vraisemblablement été catalysée par une série de mariages stratégiques, avec des filles d’hommes de pouvoir.

En 1872, le Seigneur Indhawijaonon, Roi de Chiang Mai, aura vent de l’influence grandissante de Chan Ka Lay, et le convoquera au palais en 1872, pour le désigner en tant que premier gouverneur de la jeune ville de Mae Hong Son, sous le titre de « Phaya Singhanat Racha ». Cet épisode signera l’intérêt des Rois de Thaïlande pour la ville, qui revêt une importance stratégique du fait de sa proximité avec la frontière birmane. Une grande partie des temples et autres édifices militaires qui jonchent aujourd’hui la ville datent d’ailleurs de cette époque.

La souveraineté de la Thaïlande (alors appelée Royaume de Siam) sur la province de Mae Hong Son sera définitivement scellée par la commission anglo-siamoise en 1892, qui verra cependant les provinces adjacentes de Mongmau et Mehsakun passer sous contrôle de la Birmanie britannique.

Temple Wat Chong Klang
Temple Wat Chong Klang

Données naturelles et géographiques de la province Mae Hong Son

A l’image des principales provinces du Nord thaïlandais, Mae Hong Son accueille en son territoire les différentes composantes ethniques des tribus des collines, dont les Hmongs, les Yaos, les Lahus, les Lisus et les Akhas, qui constituent plus de 63% de sa population. De par sa géographie particulière, Mae Hong Son est la province la moins densément peuplée du pays. En effet, la province est principalement formée des chaînes montagneuses complexes des hauteurs thaïlandaises, dont une partie est couverte par la forêt tropicale. Sur les 6 976 650 rais de réserves naturelles de la région, 88% sont encore des forêts vierges. Le point culminant de la province est le Doi Mae Ya, au nord-est, qui s’élève à quelque 2 005 mètres.

La province est frontalière de trois Etats birmans (Shan, Kawthoolei et Kayah qui abrite la fameuse tribu Padaung Karen et leurs femmes girafes), et des fleuves Salouen et Moei, qui servent de frontière naturelle entre les deux pays. Les fleuves font office de frontière provinciale entre Mae Hong Son et ses provinces environnantes : Tha Son Yang au sud et Chiang Mai à l’est.

Village tribal - Mae Hong Son
Village tribal – Mae Hong Son

Une destination touristique émergente

Mae Hong Son est une destination touristique majeure de la Thaïlande. Les revenus issus du tourisme sont estimés à plus de 2 milliards de baht (50 millions d’euros), pour quelque 600 000 touristes chaque année. La province attire les touristes du monde entier par ses forêts denses, ses montagnes, ses vallées, sa biodiversité et surtout le mode de vie des tribus des collines qui y ont élu domicile. Ainsi, les principales infrastructures de la ville sont dédiées à l’activité touristique : hôtels, auberges, centres commerciaux dédiés à l’artisanat (couvre-chef typiques « kup », artefacts tissés, produits fabriqués à base d’osier…).

 

 

La ville de Mae Hong Son

Avec ses 6 000 habitants (dernière estimation de 2005) et ses nombreuses infrastructures touristiques, la ville de Mae Hong Son est la capitale et la principale ville de la province éponyme. Elle reçoit annuellement près de 1 300 mm de pluies (climat tropical de savane) pour une température moyenne de 27° C.

La ville de Mae Hong Son est à 251 km au nord-ouest de Chiang Mai et à 883 km au nord de la capitale Bangkok.

Elle est desservie par l’aéroport de Mae Hong Son qui propose des vols exclusivement à destination de Chiang Mai, via les compagnies Kan Air et Bangkok Airways.

La ville est également le point de départ de nombreux touristes qui souhaitent se rendre aux villages des tribus des collines, pour observer notamment les femmes girafes de la tribu Padaung Karen. C’est également le point de départ des excursions vers les grottes préhistoriques et les chutes d’eau des environs qui comptent de nombreuses sources chaudes réputées pour leurs propriétés relaxantes.

Le Village de Pai
Le Village de Pai

Padaung Karen : principale « attraction » touristique

Si toutes les composantes ethniques des tribus des collines peuvent être observés dans la province de Mae Hong Son, c’est bien le peuple Padaung Karen, également connu sous le nom de Kayan, qui accapare l’attention des touristes en quête de dépaysement, et pour cause.

En dépit d’influences exogènes insistantes et de la persécution dont ils ont été victimes en Birmanie à la fin des années 1980, les Padaung Karen affichent encore aujourd’hui fièrement leurs traditions culturelles, dont la manifestation la plus emblématique reste le port des fameux anneaux cervicaux.

Cette ancienne tradition est en effet perpétuée par les femmes Padaung Karen, qui arborent des anneaux métalliques en spirale pour allonger leur cou pour des raisons encore inconnues à ce jour. Grâce à cette pratique qui intrigue les non-initiés, les villages Padaung Karen auraient réalisé leur autosuffisance économique, si bien qu’ils ne sont théoriquement plus dépendants des aides financières des ONG. Ce tourisme jugé « ethnique » par certains est toutefois pointé du doigt par de nombreuses associations de la protection des droits de l’Homme qui y voient une exploitation des femmes Padaung Karen et une atteinte à la dignité humaine…

 

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