La Province de Chiang Mai

A la croisée des grandes routes d’Asie, au sud de la route de la Soie, la province de Chiang Mai s’est brillamment adaptée aux exigences de l’économie moderne et de l’urbanisme effréné, sans compromettre pour autant ses charmes originels, portés par sa pluralité ethnique et ses hauteurs nimbées de brumes.

Si les visiteurs étrangers affluaient dans la province à la recherche de l’exotisme des tribus des collines et du dépaysement offert par une balade à dos d’éléphant, ils sont de plus en plus nombreux aujourd’hui à priser le pôle urbain de la ville de Chiang Mai pour ses nombreuses opportunités entrepreneuriales et ses allures de capitale culturelle décontractée.

En quelques décennies, Chiang Mai s’est érigée en moteur économique de premier choix, derrière Bangkok, grâce au tourisme, au commerce transfrontalier et aux premières retombées de la vision Creative Chiang Mai.

La montagne Doi Chiang Dao dans les nuages
La montagne Doi Chiang Dao dans les nuages

Un Climat Tempéré, des Alentours Hauts en Couleur et un Voisin « Compliqué »

A mille lieues de la chaleur parfois suffocante de Bangkok, la géographie de Chiang Mai offre un climat tempéré de type « tropical de savane », rythmé par les trois saisons tropicales : chaude, froide et pluvieuse. De mars à juin, les températures oscillent entre 30 et 35°C et l’air sec et poussiéreux met en exergue quelques soucis de pollution atmosphérique conséquente à l’urbanisation effrénée de la capitale.

S’il reste très actif tout au long de l’année, le secteur touristique bat son plein lors de la saison froide qui s’étale d’octobre à février, et qui se caractérise par des températures douces et une pluviométrie quasi-nulle.

Le climat tropical qui sévit dans la province a favorisé la formation de forêts denses et claires, ponctuée par la végétation typique des savanes subhumides. Les randonnées pédestres, à vélo mais aussi à dos d’éléphant se concentrent autour des monts Doi Inthanon (2 595 m) et Doi Chiang Dao (2 195 m), deux des plus hauts sommets de Thaïlande.

 

 

La province culmine à une altitude moyenne de 300 mètres et abrite de nombreux parcs nationaux répartis dans les quelque 20 107 km² de sa superficie. La vallée fertile aux flancs du Ping témoigne à elle seule de la biodiversité et de la grande variété des paysages de la région, avec notamment des jungles, des rivières, des chutes d’eau mais aussi des champs de pavots qui résistent encore à la politique anti-drogue du royaume.

Plus que le profil naturel de la province, c’est son voisinage qui a le plus impacté son histoire contemporaine. En effet, Chiang Mai partage un bandeau frontalier avec la province birmane de Shan, fief de quelques minorités ethniques qui, à défaut de préserver leur identité et leurs traditions, luttent aujourd’hui pour faire valoir leurs droits les plus élémentaires.

A partir des années 1980, dans un contexte politique difficile où elles seront persécutées et poussées vers la porte de sortie par la junte militaire au pouvoir, de nombreuses minorités entameront un mouvement migratoire vers le nord de la Thaïlande. Il s’agit, entre autres, des Akhas, des Lahus et des Lisus qui ont élu domicile dans les montagnes de Chiang Mai pour former les tribus des collines.

Chiang Mai partage également des frontières nordiques avec la province de Chiang Rai, qui constitue son principal point de contact avec le Triangle d’or, hub mondial de la production d’opiacés et d’héroïne. Lampang, Lamphun, Tak et Mae Hong Son sont les autres provinces frontalières de Chiang Mai.

 

Cartographie Ethnique et Religieuse de la Province de Chiang Mai

Les différents flux migratoires qui ont rythmé la fin du 20e siècle se sont soldés par une multiethnicité remarquable dans les provinces du Nord thaïlandais, impactant tout particulièrement la démographie de Chiang Mai. Ainsi, dans les quelques 1 049 villages qui leur sont dédiés, les tribus des collines se répartissent comme suit :

  • Karen : 320 000
  • Hmong : 151 080
  • Lahu : 100 000
  • Lua : 100 000
  • Akha : 70 000
  • Lisu : 55 000
  • Yao : 40 000

Si le contour urbain de la ville de Chiang Mai ne compte que quelque 170 348 habitants, la province dans son ensemble compte plus de 1 500 000 habitants répartis entre 21 districts, ce qui en fait la 2e plus grande province de Thaïlande après Bangkok.

80% sont des natifs de la région, le reste étant réparti entre des nationaux d’autres régions et des étrangers venus apprécier la douceur de vivre dans la province de Chiang Mai.

Les habitants de la région parlent un dialecte dont la prononciation diffère légèrement du thaï du centre. Le thaïlandais du nord, le Lanna ou encore le Kham Muang est très proche du Lao, et compte quelque 6 millions de locuteurs répartis entre le nord de la Thaïlande et le Laos. Bien qu’il soit considéré comme un vecteur de leur identité, les habitants de la province le réservent à leurs échanges informels, le thaï du centre étant la langue de l’enseignement et des affaires. L’anglais est également omniprésent, et fait office de linga franca dans le secteur tertiaire, notamment le tourisme.

Du fait de la présence remarquée des minorités ethniques du Nord, l’hégémonie du bouddhisme n’est pas aussi marquée que dans d’autres régions du royaume, en dépit d’une percée progressive dans les villages montagneux. Il subsiste parmi les différentes composantes des tribus des collines les manifestations de croyances religieuses traditionnelles telles que le culte des ancêtres, la vénération des esprits et les systèmes d’offrandes. Dans certaines tribus, ces croyances traditionnelles jouent des coudes avec le christianisme dont l’implantation remonte au 16e siècle.

Enfin, bien qu’elle soit embryonnaire, une petite communauté juive complète la cartographie religieuse de Chiang Mai (descendants de réfugiés de la Russie Impériale et demandeurs d’asile iraniens).

 

 

 

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