La Province Tak

Vaste contrée montagneuse au tracé irrégulier, Tak est à l’image des provinces du nord de la Thaïlande, dont la proximité avec la Birmanie s’est matérialisée par une culture complexe et une hétérogénéité ethnique conséquente. A l’instar de Chiang Mai, Tak abrite des Hmongs, des Lahus, des Lisus et des Karens, qui s’y sont établis pour fuir la persécution de la junte militaire birmane au cours des deux dernières décennies.

Relativement isolée et peu en vue, la province présente un certain contraste avec le reste de la Thaïlande et affiche de nombreuses similitudes culturelles avec l’Etat de Kayin en Birmanie…

 

 

La Province de Tak: Une province multimillénaire

Tak n’est pas la première région qui nous vient à l’esprit lorsque l’on évoque le royaume de Thaïlande. Pourtant, la province justifie d’une histoire multimillénaire, et les premières traces de sa civilisation remontent en amont de la période Sukhothai: le royaume de Tak a été fondé il y a plus de 2 000 ans, et connaîtra son apogée au 1er siècle après Jésus-Christ.

La ville de Ban Tak a été fondée par la princesse Jamadevi en l’an 663. La province sera par la suite conquise par le Royaume Sukhothai du roi Ramkhamhaeng, qui en fera la principale forteresse du front ouest.

Tak connaîtra une parenthèse birmane à la chute du royaume d’Ayuthaya pendant le règne du roi Maha Thammaracha.

Barrage Bhumibol - Province Tak
Barrage Bhumibol – Province Tak

Tak: Géographie et données démographiques

Le barrage de Bhumibol, en référence au Roi Bhumibol Adulyadej, est sans doute l’édification la plus illustre de la province. Il a été construit dans la sous-province de Khao Kaew entre 1958 et 1964 pour réguler le Ping, une des deux sources du Chao Phraya. Le lac artificiel qui en résulta reste à ce jour le plus grand de Thaïlande, avec une superficie totale de 300 km². L’ouest de la province est marqué par l’intersection des chaînes Tenasserim et Dawna.

Le climat de la province, de type savane tropicale, est similaire à celui des autres régions du nord de la Thaïlande, avec des hivers doux et des températures qui descendent rarement en dessous des 20° C. La pluviométrie moyenne de la province est de 1 061 mm pour 108 jours de pluie par an. Les maximales et minimales moyennes de l’année sont respectivement de 33° C et 22° C.

Tak partage la même hétérogénéité démographique que les autres provinces du nord de la Thaïlande. Ainsi, un quart de ses 540 000 habitants appartiennent aux minorités ethniques des tribus des collines, avec une légère prédominance de l’ethnie Karen. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 100 000 des 130 000 réfugiés qui ont fui la Birmanie pour s’établir en Thaïlande sont hébergés dans les camps de la province, notamment dans le camp de Mae La qui accueille quelque 45 000 Karen.

Chutes d'Eau dans la Province de Tak - Thi Lo Su
Chutes d’Eau dans la Province de Tak – Thi Lo Su

Agriculture et tourisme dans la Province de Tak

L’économie de la province est quasi-exclusivement dépendante de l’activité agricole (riz, blé, fruits et légumes, bœuf). Tak abrite également une activité halieutique émergente, principalement centrée autour de la pêche au tilapia. Bien qu’elle subsiste encore aujourd’hui, l’activité minière à Tak est en déclin.

Le tourisme constitue l’autre pan de l’économie de la région. Bien qu’elle ne dispose pas d’infrastructures de qualité, la province attire de nombreux touristes par ses nombreux temples bouddhistes et sanctuaires commémoratifs. Tak est également une destination phare de l’écotourisme en Thaïlande, notamment au sud avec les chutes de Thi Lo Su et de Thi Lo Le ainsi que les activités de randonnées sauvages et de rafting dans les nombreuses réserves naturelles de la région.

Tak est aujourd’hui en pleine mutation avec l’ouverture en 2013 de la frontière avec la Birmanie, avec un premier passage entre Mae Sot et Myawaddy. Si nous ne disposons pas encore du recul nécessaire pour évaluer l’impact de cette ouverture sur l’économie de la province, les échanges commerciaux devraient s’accentuer entre les régions transfrontalières à l’horizon 2020 et injecter des ressources financières dans les caisses d’une région qui en manque cruellement.

 

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