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Chaisana I sleep here ![]() Posts : 119 Inscription : October 11, 2009, 12:21:44 |
Le nouvel ambassadeur de France à Bangkok, ne ressemble pas à l'image que l'on se fait traditionnellement du diplomate français, prudent, réservé et avare de commentaires. Ce Breton de 62 ans, qui est arrivé dans le royaume avec son épouse Christiane le 18 novembre dernier, s'exprime avec une franchise rafraîchissante, sans esquives ni circonvolutions. « J'ai le sentiment d'arriver au bon endroit au bon moment. Nous avons cette situation difficile, qui est latente depuis trois ou quatre ans. Cela rend l'observation passionnante tant sur le plan de la politique intérieure que sur celui du redressement de l'économie », dit-il en prenant son café matinal sur la terrasse de la résidence de France. Gildas Le Lidec est loin d'être un nouveau venu dans la région : en 36 ans de carrière diplomatique, il a acquis une solide connaissance de l'Asie du Sud-est, travaillant à l'ambassade de France à Manille et à Hanoï, avant de prendre son premier poste d'ambassadeur à Phnom Penh en 1994. La Thaïlande était la pièce manquante du puzzle : « un pays au centre de l'équilibre du Sud-est asiatique et qui n'est plus seulement une destination touristique », dit-il. L’homme des situations chaudes Sa carrière passée dessine les contours d'un ambassadeur de choc, d'un homme que sa hiérarchie n'hésite pas à envoyer sur des missions difficiles, assurée qu'il saura y faire face sans faillir. Il est ambassadeur au Cambodge au moment du « coup de force » de Hun Sen contre Ranariddh en juillet 1997. Le siège du parti Funcinpec est alors mitoyen de l'ambassade de France ; les soldats du prince, assiégés par l'armée gouvernementale, sautent le mur de l'ambassade et traversent les jardins pour s'échapper. Une roquette explose dans le bureau de l'ambassadeur. Malgré la situation très tendue, Gildas Le Lidec est le seul ambassadeur à ne pas ordonner l'évacuation des ressortissants. « Les Cambodgiens de tous bords nous ont été très reconnaissants de ne pas les avoir abandonnés », se rappelle-t-il. "J'ai le sentiment d'arriver au bon endroit au bon moment" Quand il est ambassadeur à Kinshasa, entre 1999 et 2002, la République Démocratique du Congo est déchirée par une rébellion anti-gouvernementale appuyée par des pays voisins. Quelques heures après un entretien avec l'ambassadeur français, le président Laurent-Désiré Kabila est assassiné par un de ses gardes du corps en janvier 2001. Nommé en Côte d'Ivoire en 2002, Gildas Le Lidec doit très vite faire face à la guerre civile qui suit la tentative de coup d'État contre le président nouvellement élu Laurent Gbagbo. Les Français, accusés de soutenir les rebelles, sont pris pour cibles : neuf soldats sont tués dans une attaque aérienne et le journaliste de Radio France Internationale Jean Hélène est assassiné - « un meurtre qui m'a traumatisé », dit l'ambassadeur. C'est aussi sur son initiative que les forces spéciales françaises évacuent du Libéria le photographe Patrick Robert de l'agence Sygma Corbis qui avait été gravement blessé. Cette propension à se trouver en poste dans des pays à des moments critiques de leur histoire lui a parfois causé des ennuis. Nommé ambassadeur à Madagascar en février 2008, il a dû quitter le pays après 43 jours en poste, sous pression du président malgache Marc Ravalomanana qui l'accusait d'avoir le « mauvais oeil ». Alors Gildas Le Lidec est-il le « trouble shooter » de la diplomatie française ? L'ambassadeur explique les choses plus simplement. « J'ai toujours demandé des postes où personne ne voulait aller. C'est la meilleure façon de diriger soi-même sa carrière », dit-il. Ce sont ces moments de crise qui l'ont le plus marqué, reconnaît-il. « C'est là que le rôle d'une ambassade prend toute sa valeur, qu'on se sent vraiment utile à nos concitoyens. L'ambassadeur doit tout faire pour les protéger. » Le projet « Sathorn » Au Cambodge comme en Côte d'Ivoire, des liens indéfectibles se sont noués entre lui et les autres membres de l'ambassade. « Ce sont des moments où la solidarité, la cohésion et l'amitié d'une équipe se renforcent. Nous sommes tous devenus amis et nous restons en contact après toutes ces années », dit-il. A Bangkok, l'ambassadeur se dit agréablement surpris de la « sérénité » des membres de la communauté française qu'il a pu rencontrer. Une visite au Lycée français l'a vivement impressionné. « On sent qu'ils sont heureux d'être ici. J'ai eu une impression de sérénité et d'unité. Par exemple la soirée "Beaujolais nouveau” a été organisée conjointement par l'ADFE et l'UFE. Tout cela me rend très optimiste », dit-il. Un des projets importants durant son séjour sera la construction du nouveau bâtiment sur l'avenue Sathorn, qui abritera l'Alliance française, le Poste d'expansion économique, les Services de coopération et d'action culturelle et la partie publique de l'ambassade. « Ma plus grande récompense serait d'être encore à Bangkok quand la construction sera finie », conclut-il. http://www.gavroche-thailande.com/actua ... ur-de-choc
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