Le Wat Chiang Man

Parmi les temples de Chiang Mai, le Wat Chiang Man, littéralement « Wat fortifié et solide » ou bien « Wat de la ville fortifiée et solide » est le monastère le plus vieux et le plus ancien de tous. C’est le premier temple royal qui fut édifié en 1306 lors de la fondation de la nouvelle capitale du Royaume de Lanna par le Roi Mengrai. Il se situe à l’intérieur des murs de la vieille ville, à proximité de la porte Chang Puak.

Le Temple Wat Chiang Man
Le Temple Wat Chiang Man

Découvrir le Wat Chiang Man

Aux alentours de 1296, le Roi Mengrai décida de faire construire une nouvelle ville qui succèdera à Chiang Rai comme capitale du royaume Lanna: Chiang Mai. En conséquence, il ordonna aussi à ses ouvriers de bâtir un temple qui est, aujourd’hui encore, considéré par beaucoup de moines comme étant le plus vieux parmi les autres temples, c’est le Wat Chiang Man.

Plus les années passent, plus les travaux de rénovations se multiplient pour redonner au monastère son ancien éclat. Au final, l’architecture du temple demeure fidèle au savoir-faire lanna avec des façades élégantes en bois sculpté et doré, typique du nord de la Thaïlande.

 

 

Le Wat Chiang Man fait partie de l’un des trois principaux Wat de Chiang Mai. Au fil du temps, il a su garder une bonne image qui démontre l’authenticité des temples du Lanna tout en montrant une grande résistance face à l’influence du style Rattanakosin du Bangkok.

Il dispose de deux entrées dont la principale peut-être accédée depuis la rue Ratchaphakinai et l’entrée secondaire, depuis la rue Phrapokklao.

Chedi du Wat Chiang Man
Chedi du Wat Chiang Man
  • Le Chedi du Wat Chiang Man

La plupart des complexes bouddhistes disposent de chedi. Il est considéré comme étant la structure la plus ancienne du temple et pour le cas du Wat Chiang Man, il se nomme Phra Chedi Chang Lom ou le Chédi encerclé d’éléphants pour la version française.

Ce chédi se trouve sur base carrée au-dessus de laquelle se trouve un deuxième niveau de pierres grises entouré d’exactement 15 éléphants sculptés à la main. La partie supérieure du chedi est caractérisée par une chambre dorée contenant plusieurs reliques antiques.

A première vue, les éléphants donnent l’étrange impression de supporter l’ensemble du chedi qui contiendrait, selon les croyances, un brin de cheveu de Bouddha, venant du Sri Lanka.

Au-dessus des éléphants et sur chaque face de la structure, un triptyque de niches a été aménagé avec des nagas (créatures à corps de serpent et à tête de dragons) en guise de décoration. Seule la niche du milieu diffère des autres puisqu’elle est creuse, ce qui permet d’abriter des images de Bouddha.

Quant aux deux autres niches qui sont situées respectivement aux deux extrémités de la cavité centrale, elles sont borgnes et n’ont d’autres intérêts que pour servir de décoration à l’ensemble du chedi.

Au début du XIX è siècle, l’ensemble de la structure fut entièrement rénovée, en gardant les traces ainsi que les normes de l’architecture lanna de l’époque.

Grand Viharn du Wat Chiang Man
Grand Viharn du Wat Chiang Man
  • Le Grand Viharn du Wat Chiang Man

C’est l’une des pièces les plus importantes et les plus imposantes du temple. Le grand viharn est un bâtiment d’une taille impressionnante composé d’un toit à trois niveaux.

Il dispose d’une entrée principale caractérisée par une façade faite d’entrelacs dorés. Derrière cette porte, on remarque des assemblages de verres bleutés brillants, ainsi que des escaliers décorés par des nagas fascinants.

Sa décoration sort un peu du lot car, contrairement à la plupart des temples de Chiang Mai, le personnage principal des différentes scènes exposées n’est pas Bouddha, mais le roi Mengrai dont l’existence a été traduite par différentes représentations murales qui relatent son histoire à travers des dessins explicites.

Le Grand Viharn abrite aussi toutes sortes de sculptures en bois aux couleurs or et ocre, sans oublier le plus ancien Bouddha de Chiang Mai, fait de marbre et debout, tenant un bol à aumône. Sa conception date de 1465.

La dernière rénovation du Grand Viharn a été réalisée en 1920 par le célèbre moine Khru Ba Srivichai.

Petit Viharn du Wat Chiang Man
Petit Viharn du Wat Chiang Man
  • Le Petit Viharn du Wat Chiang Man

Un autre complexe du temple, un peu plus petit que les autres mais d’une grande importance, est le Petit Viharn: sa renommée tient du fait qu’il abrite deux petites, mais très vieilles et très importantes représentations de Bouddha.

Selon les croyances, ces statuettes ont d’immenses pouvoirs de protection que la population locale vénère. Elles sont considérées comme les statues de Palladium de Chiang Mai.

La première de ces statues se nomme Phra Sae Tang Khamani. C’est un Bouddha miniaturisé taillé dans du quartz clair avec quelques détails noirâtres au niveau de la tête. Il est aussi appelé le Bouddha de cristal, doté d’une hauteur d’environ 10 cm et assis en position de Bhumisparsa.

La légende raconte qu’après avoir conquis Lamphun en 1296, le Roi Mengrai aurait survécu au pillage de cette ville. Dès lors, la statue fut considérée comme une bienfaitrice qui protège contre les catastrophes.

Ce Bouddha repose sur un socle en bois entièrement recouvert d’or dont le poids avoisine les 6 kg. Il serait un présent offert par le roi Phra Chao Inthawichayanon (1873 – 1896).

La deuxième statue porte le nom de Phra Sila: c’est une stèle en bas-relief, sculptée dans de l’ardoise. Elle représente Bouddha debout, dans la posture « Tribbanga » en train d’apprivoiser l’éléphant Nalagiri qui fut drogué dans l’intention d’annihiler Bouddha.

On raconte que ce bas-relief vient du nord-est de l’Inde, du fait de l’étrange attitude du Bouddha. Il daterait du VIIIè ou Xè siècle, durant le règne de la dynastie bouddhique des Pala et a été offert au roi Mengrai par 5 Mahatera-s venus de Sri Lanka (Kassapa, Kaku Santa, Kona Tamana, Kotama et Phra Ariyametaï).

C’est une image très vénérée puisqu’elle est censée apporter la pluie. Lors du festival de Songkran en Avril, elle est retirée de son emplacement pour parcourir les rues de Chiang Mai. Les thaïlandais l’aspergent ensuite d’eau avec vénération pour éloigner la malchance.

Ubosot du Wat Chiang Man
Ubosot du Wat Chiang Man
  • L’Ubosot du Wat Chiang Man

C’est un lieu interdit aux les femmes et qui est entièrement consacré à l’ordination des moines. Il a été construit dans l’enceinte du temple au XIX è siècle.

La façade avant est décorée par des détails en bois qui sont magnifiquement sculptés dans des couleurs ocre.

Dans le hall d’entrée du Ubosot, un peu plus sur la droite, se situe une stèle qui selon les sources, aurait été gravée en 1581 sous la domination birmane. Les inscriptions qui s’y trouvent racontent l’histoire du Lanna, vassalisé, avec des détails précis sur certains évènements du passé.

On raconte aussi que cette pierre donne la carte du ciel qui selon certaines sources, correspondrait à la création de Chiang Mai, le 12 Avril 1296 à 4 heures du matin, sous la demande du roi Mengrai.

Hot Rai du Wat Chiang Man
Hot Rai du Wat Chiang Man
  • La Bibliothèque de l’Ecriture (le Ho Trai)

La bibliothèque de l’écriture est un petit bâtiment en bois situé en hauteur d’une base de pierres blanches. Le Ho Traï n’est rien d’autre que la bibliothèque d’un Wat, où sont stockés et conservés avec soin les livres sacrés, les chroniques et autres manuscrits importants du temple.

Le Ho Trai est construit au beau milieu d’un point d’eau de manière à ce que les documents sacrés qui s’y trouvent ne soient pas victimes des rongeurs et des insectes.

 

 

Infos pratiques

La visite du Wat Chiang Man permet d’en savoir un peu plus sur l’histoire du Royaume de Lanna et de Chiang Mai.

A première vue, il ressemble de près aux autres temples du royaume, si ce n’est que pour son chédi unique et les deux représentations de Bouddha les plus sacrées du Lanna se trouvant dans le petit viharn, qui ont toute leur importance aux yeux de la population locale.

Le Wat Chiang Man est un très vieux temple, certainement pas le plus visité de tous, mais très riche en histoires qui en vaut le détour.

Horaires d’ouverture et tarifs : tous les jours de 6h du matin à 17h du soir. L’entrée est gratuite.

Aucune règle vestimentaire particulière à respecter, mais il est formellement interdit aux femmes de pénétrer dans l’Ubosot.

 

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